Le féminin et le masculin sont opposés. Dans la société, dans la rue, culturellement, philosophiquement. Alors qu'ils ne devraient pas l'être : nous sommes complémentaires.
Le féminin n'est pas réservé à la femme. L'esthétique, l'harmonie, le consensus, les émotions, la réceptivité. Un homme a le droit de pleurer, de faire des câlins à son enfant, de se mettre à quatre pattes avec lui. C'est le féminin, et c'est sa modernité.
On ne naît pas femme, on le devient, disait Simone de Beauvoir. On ne naît pas homme non plus. La société ne laisse de place qu'à la persona, au masque, au jeu d'acteur. Elle refuse l'Humana et l'Humanus, ce que chacun porte de féminin et de masculin en lui.
Et la cité s'est construite là-dessus. Produire, consommer, dormir pour être performant, manger pour être performant. Le sensible, la douleur, le lent, le fatigable, la fragilité, la honte n'avaient pas droit de cité dans le milieu de l'aménagement.
Mon travail consiste à demander aux femmes et aux hommes qui dessinent : où est le sensible, là ? Quelle est la part d’humana dans ce que vous êtes en train de dessiner ?
Une allée douce et ronde plutôt qu'une allée droite, qui tranche et qui fait aller trop vite. C’est ça réintroduire la douceur et le sensible nécessaire à tous et toutes dans l’aménagement de la cité.
Mon manifeste, Comment faire de l'architecture un instrument de paix, ouvre ce chemin : une ville pensée à hauteur de vieS, pour tous. →
https://www.nadiasahmi-us-ages.fr/manifeste-architecte-nadia-sahmi/
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