WikiMixx - « Bienvenue dans le monde des femmes » - Hébergez gratuitement votre podcast sur Vodio.fr

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13min (32 Mo) - 14 mars 2026 Code copié Lien copié

Description de l'episode

Donc, le 8 mars dernier, c’était la journée internationale du droit des femmes (et non pas, comme souvent raccourci, la journée de la femme ou même des femmes). Un instant pour moi de revenir sur ce qui secoue le monde de la musique électronique actuellement et la mélodie n’est pas très belle.
Bref rappel :
Il y a un peu plus de trois semaines, les allégations d’un certain @BradNoLimit sur Instagram mettaient en cause le comportement violent ou abusif de certains DJs de la scène hard-techno.
Et d’un coup, la magie s’effondre. OUI même dans la scène techno, il existe sexisme, harcèlement, attouchement, agressions et même viol.
Cet ancien collaborateur de l’agence STEER balance les noms de quelques DJs dans ce qu’il nomme les « Steer files » : « J'ai pris la décision consciente en août 2025 », dit-il, « de quitter STEER après une complète détérioration de ma santé mentale, de mes valeurs et de mes principes individuels mais il est venu à mon attention que mon ancien partenaire et un dj ont tenté de salir ma réputation en disant à beaucoup de gens que j'avais été viré pour comportement terrifiant. ».
Certains disent qu’il a agi par vengeance. Lui prétend qu’il a attendu de pouvoir réunir des preuves, des témoignages.
Quoi qu’il en soit, c’est à la justice de se charger de la suite.
La réaction de l’agence STEER ne s’est pas fait attendre. Elle a coupé les ponts avec les DJs accusés et les organisateurs où devaient se produire ces derniers ont déprogrammé ceux qui restent, actuellement, innocents.
Cela a tout de même provoqué un énorme cri de colère. Et comme le soutenait Mélanie Akkari, chroniqueuse dans l’émission matinale de La Première : « Les meufs, elles dénoncent ça depuis des années et personne ne les croit. Il a seulement fallu que ce soit un homme qui parle pour que tout d’un coup, Tout le monde soit attentif ».
Amélie Lens publie alors, le 25 février dernier, un premier témoignage via 10 slides sur son Instagram : « Nous sommes fatiguées. Le dancefloor est notre maison et les backstage sont notre lieu de travail, mais aucun des deux ne nous semble sûr. La sécurité a été considérée comme un “problème de femmes” pendant bien trop longtemps. Nous avons été forcées à devenir notre propre sécurité, constamment en train de regarder nos verres, regarder les portes et développer un langage silencieux.
Nous avons un ‘regard’ que nous nous lançons l’une l’autre pour avertir une fille à propos d’un homme parce que nous avons peur de le dire à haute voix. Nous ne laissons jamais une amie seule si elle a bu un verre parce que nous avons vu ce qu'il se passe la seconde où nous baissons le regard. Ce qui m’a toujours fait le plus mal, personnellement, ce sont tous ces “bros” qui restent là, à regarder et à rire.
Laissez-moi être claire : cette conversation n’est pas une attaque contre les hommes dans leur ensemble. Il s’agit de responsabilité à propos de comportement blessant et de la culture qui autorise la continuité. Oui, certains hommes dépassent les frontières. Mais ce qui maintient le problème, c’est le silence, la minimisation et la protection des réputation avant la protection des personnes.
Quand quelqu'un dit ‘pas tous les hommes’, il a raison et c'est exactement pourquoi beaucoup d'hommes aimables comptent dans cette conversation. La question n'est pas de savoir si tous les hommes sont responsables, la question est : quand quelque chose ne va pas, qui prend la parole ? Qui interrompt la blague ? Qui remet son ami à sa place ? Qui refuse de regarder ailleurs ?
Beaucoup d’hommes pensent que l’agression, c’est un type louche dans une ruelle sombre, ils veulent croire que l’abuseur est un étranger. C’est le cœur du problème : la déconnexion entre le mythe de ‘l’effrayant dans l’allée’ et la réalité du pote dans la cabine du DJ. La réalité est bien plus inconfortable : très souvent, l’agresseur est votre ami.
C’est le type avec qui vous venez juste de partager un verre, celui avec qui vous rigoliez alors qu’il vient juste de mal se comporter. Et quand nous parlons de cela, les hommes nous demandent toujours des preuves. Mais l’agression sexuelle, le harcèlement et l’abus de pouvoir sont difficiles à prouver. Ils arrivent rarement avec des témoins ou des preuves claires. Beaucoup de survivantes ne témoignent jamais car elles savent ce qui les attend : doutes, examen et risque pour sa réputation.
Globalement, 1 femme sur 3 subit de la violence physique ou sexuelle dans sa vie. Ce sont nos collègues, nos amies, la fille qui danse à côté de vous. Depuis le plus jeune âge, on apprend aux filles comment se comporter : ne t’habille pas ainsi, ne bois pas trop, ne reste pas trop tard dehors. Rarement cette même énergie est utilisée pour apprendre aux garçons la frontière à ne pas dépasser, le respect et l’intervention.
Je suis allée une fois à la police avec des centaines de messages d’une personne détaillant exactement comment il allait m’enlever et me violer. Il a pris un vol pour Anvers et m’a trouvée. Heureusement, mon équipe était avec moi au moment où il m’a approchée. Je suis allée à la police avec chaque document et ils les ont à peine regardés. Ils m’ont dit qu’ils ‘ne pouvaient rien faire’ et m’ont remballée chez moi alors que je me tenais là à pleurer.
Si la loi n’aide pas quand les preuves sont dans mes mains, alors comment sommes-nous supposées nous sentir en sécurité dans un club où l’abus est souvent silencieux et invisible ? L’abus de pouvoir est difficile à prouver dans un tribunal, donc les abuseurs se cachent derrière des leurs avocat et la diffamation est toujours utilisée comme une arme pour nous faire taire. Ces prédateurs dans notre scène cherchent celles qu’ils pensent qu’elles se tairont.
Je ne suis pas prête à partager mon expérience personnelle et je ne devrais pas avoir à le faire. Je ne devrais pas avoir à revivre ce traumatisme juste pour que vous disiez enfin à votre « pote » d'arrêter. Faites-le stopper, tout simplement. Aidez-nous à briser ce cycle, arrêtez de protéger systématiquement vos agresseurs et demandez-vous : pourquoi y a-t-il des accusations au départ ? La vérité n'est pas de la diffamation, c'est une prise de conscience.
Le changement ne viendra pas uniquement des femmes qui parlent, mais des hommes qui choisissent de ne plus se taire », rappelle la DJ belge.
Autre post, toujours sur sa page Instagram où on la voit en train de conduire et où elle confie : « Salut, tout le monde. Je voulais vous expliquer pourquoi j’ai été si silencieuse à propos de tout ce qu'il se passe dans notre scène.
Et je ne suis absolument pas prête à partager mon propre témoignage. Je pense que je ne le serai jamais. Je suis vraiment très fière de toutes les femmes qui y arrivent, mais j'ai quand même écrit mes propres déclarations.
En fait, j'écris depuis une semaine pour être honnête. Malheureusement, j'ai dû l'envoyer à mon avocat parce que je suis une femme et que j'ai déjà été menacée de poursuite pénale pour diffamation et calomnie, pour avoir dénoncé de mauvais comportements.
Donc, malheureusement, je dois attendre que mes avocats vérifient si je suis autorisée à publier cela.
Bienvenue dans le monde des femmes ».
En réaction à son post, une DJ dénommée Amare écrit : « Protéger les réputations avant de protéger les personnes. Voilà. Cela résume parfaitement mon expérience dans ce milieu depuis que je suis passée du devant de la scène aux platines. Quelle déception de découvrir comment ça fonctionne en coulisses ! Les égos surdimensionnés, les abus de pouvoir, la misogynie, la compétition acharnée, le harcèlement… Et il ne s'agit pas seulement d'agressions sexuelles. Il s'agit surtout d'abus de pouvoir. Ce qui est bien plus difficile à prouver. Merci Amelie Lens d'avoir pris la parole. […]
Autre commentaire venant de @blu9chicago : « Ce n'est pas une mode. Ce n'est pas un phénomène passager. C'est notre réalité.
Depuis des années, les femmes de la musique électronique doivent endurer le harcèlement, les agressions, les programmateurs qui exigent des faveurs sexuelles en échange de concerts, les prédateurs qui continuent de jouer dans les festivals tandis que les survivantes restent chez elles, terrorisées.
On nous a traitées de figurantes. On nous a traitées de difficiles. On nous a traitées de menteuses.
Et quand on a dit non ? On nous a blacklistées. On nous a ignorées. On nous a remplacées.
Ça suffit.
Je partage ma vérité – et celle d'innombrables femmes qui ont trop peur de parler car les représailles sont bien réelles. Parce qu'on l'a vu de nos propres yeux. Parce que l'industrie protège mieux les prédateurs que nous.
Annuler un homme et le remplacer par une femme, ce n'est pas du progrès. C'est de la mise en scène.
Les DJ femmes ne sont pas vos figurantes. Nous ne sommes pas un simple formulaire de diversité. Nous ne sommes pas là pour vous donner une image progressiste ».
La page Instagram Handsup reprend également d’autres paroles d’Amelie Lens disant : « Ne transformez pas ça en une histoire de DJ Tik Tok de la nouvelle génération. Ce qui m’est arrivé en backstage s’est produit avec des DJs déjà établis, présents dans la scène depuis longtemps. L’absence de preuves ne veut pas dire innocence, ça signifie simplement qu’il n’y avait pas de caméra dans la pièce. N’oubliez jamais ça ! » conclut-elle.
Terminons ce Wikimixx avec quelque chose de plus positif, en espérant évidemment que les mentalités changent…
Le dernier track d’Amelie Lens, ‘Falling into acid dreams’ qui marque les 10 ans de son label ‘EXHALE’, sorti fin février 2026 pour lequel la DJ nous dit : « Je ne peux pas croire que cela fait déjà 10 ans que je sors de la musique. Dix ans à apprendre, à tomber, à me relever, à croire et à rêver avec vous sur la piste de danse. J’espère que vous ressentirez toute l’énergie que vous m’avez transmise pendant toutes ces années en écoutant ‘Falling into Acid Dreams’ ».

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